La citoyenneté aujourd'hui, un
habit d'arlequin
C'est effectivement un "habit d'arlequin" qui s'étale sous nos yeux si l'on met côte à côte les différentes définitions de la citoyenneté. A l'association ÉVEIL, nous défendons une définition large de cette notion :
- la citoyenneté c'est la "civilité" bien sûr, l'idée qu'il faut respecter un ensemble de règles communes, de codes de bon voisinage, qui assurent le respect des personnes, de leur bien être et de leur environnement ;
- mais c'est aussi le "civisme", l'acceptation et la mise en œuvre de règles qui nous permettent de vivre ensemble en société ;
- c'est enfin le "politique" au sens noble, en tant qu'hommes et femmes libres et responsables, nous pesons de notre propre poids sur les décisions communes en pleine conscience. C'est ainsi que, par principe, le citoyen obéit aux lois qu'il a contribué à édifier.
La citoyenneté nous transporte dans les méandres des droits, des devoirs, des intérêts de la vie en démocratie. Il est vrai que la notion de citoyenneté n'aurait pas de raison d'être sur une île perdue habitée par un seul sujet ; elle n'aurait pas non plus de raison d'être dans une dictature… Pour nous, la citoyenneté met en jeu les principaux fondements de la vie dans notre société : la famille, l'Ecole, l'environnement médiatique...
Nous pensons donc que l'accès à la citoyenneté représente un enjeu majeur. Il est clair qu'une participation civique plus active implique plusieurs "atouts" : il faut du temps et savoir en disposer, il faut de l'instruction et savoir la diriger, il faut un ensemble de capacités qui touchent aux langages écrit et oral. Nous ne disposons pas tous des mêmes atouts, des mêmes facilités, il est donc nécessaire d'aider et de soutenir ceux qui en ont le plus besoin.
Enfin nous pensons que la problématique de la citoyenneté doit intégrer nécessairement une dimension concrète et une approche personnelle : elle ne concerne pas tout le monde de la même manière et ne peut donc se vivre et se fabriquer de manière homogène d'un individu à l'autre. Voilà sans doute pourquoi il est si difficile de définir précisément ce qu'est la citoyenneté et, paradoxalement, ce qui contribue à la maintenir voire à la façonner.